Pourquoi les kényans sont-ils les meilleurs coureurs ?

Les kényans sont les meilleurs coureurs au monde. Ils restent pour le moment sur les pistes et les routes mais nous les verrons peut-être un jour venir défier les meilleurs traileurs. Pourquoi sont-ils si forts ? J’ai tenté de répondre à cette question. Pour ce faire, je me suis principalement basé sur un article et un documentaire.

L’article que j’ai trouvé est issu d’un magazine américain, « The Atlantic ». Cet article explique tout d’abord pourquoi il y a peu d’études relatives à la génétique de ces hommes extraordinaires que sont les coureurs kényans. Puis explique pourquoi la différence entre les kényans et les autres nations ne sont pas culturelles.

La génétique y serait-elle pour quelque chose ?

Il est difficile de faire des études génétiques pour prouver la différence entre une population Occidentale et une population africaine, ayant une différence de couleur de peau. Le passé entre la population noire et la blanche n’est en effet pas très glorieux… tout comme le sont certains événements récents aux Etat-Unis par exemple. Pourtant, des études physionomiques comparant de jeunes champions kényans et des coureurs européens professionnels sont présenté dans l’article. Les résultats de ces études sont claires : les kényans possèdent bien des avantages physiologiques. Une masse relative à leur taille plus faible, de plus longues jambes, de plus petits bustes et des membres plus fins sont les avantages recensés.

Ha bon, ce n’est pas une question de culture ?

Cette réponse qui consiste à mettre en avant des différences physiologiques est quelque chose de nouveau. Ce que l’on entend habituellement est, en effet, plutôt de l’ordre culturel. Mais cela est-il réellement fondé ? Après avoir interrogé 20 champions kényans, seul 6 d’entres eux allaient, par exemple, à l’école en courant ! Ce que l’on entend aussi est le fait que ces coureurs s’entraînent initialement pieds nus et développeraient donc ainsi une meilleure technique de course : beaucoup d’autres populations courent pied nus, tel en Asie, pourtant les kényans sont les seuls à ce niveau d’excellence ! D’autres arguments comme le fait que le Kenya est en altitude ou que la nourriture est plus naturelle et plus simple, sont également des arguments applicable en d’autres régions du monde. En conséquence, on ne peut pas dire que le facteur culturel est le seul facteur à l’origine ces exploits kényans !

Qu’en pensent les kényans eux même ?

Dans le reportage « Man on a Mission », Eamon Conghlan part au Kenya et va à la rencontre de différentes personnalités locales. Pour sa part, il fut champion du monde sur 5000 mètres en 1983. La personne principale rencontrée dans ce documentaire est Frère Colm O’Connel qui est un missionnaire Irlandais expatrié pour enseigner la géographie. Il est maintenant connu comme étant le parrain de la course kényane. 25 de ses étudiants sont en effet devenus champions du monde et 4 ont remporté une médaille d’or Olympique !

Quand il est arrivé au Kenya, Colm O’Connell n’y connaissait rien sur le coaching. Pourtant, l’ancien entraîneur de l’école est parti et lui a laissé la responsabilité des entraînements d’athlétisme. L’école d’Iten a toujours produit des athlètes internationaux et Colm fut forcé d’apprendre rapidement son rôle de coach. Pour s’améliorer en coaching, Colm a l’habitude de beaucoup observer les athlètes. Ainsi, sa vision de l’entraînement est très différente de l’approche occidentale : pour lui, vous n’avez pas à vous entraîner extrêmement dur, mais il faut sentir qu’on est capable de faire plus. Un autre point important dans le coaching de Colm, est le fait que les champions de son école continuent de fréquenter les élèves. De cette façon, les champions se rappellent d’où ils viennent et les jeunes sont plus motivés !

L’un des derniers héros est David Rudisha. Il est actuellement double champion du monde et a remporté sa deuxième médaille d’or olympique lors des Jeux à Rio. Cet athlète exceptionnel court toujours détendu, bien sous contrôle, déterminé et concentré. Il pense que si les kényans sont aussi performants en course, c’est parce qu’ils proviennent d’une région pauvre. Ils ont donc une bonne communion avec le terrain vu qu’ils marchent et courent pieds nus, et sont extrêmement déterminés car ils veulent réussir pour sortir leurs familles de la pauvreté.

Une autre personnalité que Eamon Conghlan rencontre est Kip Keino. C’est le premier grand champion du Kenya. Pour lui, les kényans n’ont rien de spécial. Il pense que pour réussir dans l’athlétisme, il faut travailler dur, avoir une bonne préparation mentale et surtout sans arrêt se remettre en question.

Enfin, monsieur Conghlan rencontre Mike Boit. Ce professeur kényan de l’Université Kenyatta du département du sport était athlète de haut niveau à la même période que Eamon Conghlan. Ce qu’il dit sur la domination des Kenyans en athlétisme est très intéressant. D’après lui, il n’y a pas de différences entre les Kenyans et les autres coureurs : même physiologie, même ADN. Les différences sont culturelles. Comme on peut le voir avec le football au Brésil ou le Hockey sur glace au Canada (voir le cyclisme en Belgique), il n’y a pas de raison d’être meilleurs que les autres nations. Cependant, en raison de la culture et des attentes de la population, les athlètes se surpassent !

Quel est mon ressenti ?

A présent que j’ai décortiqué différentes sources, je suis en état de vous faire part de mon propre ressenti. Tout d’abord, je pense qu’il est encore difficile de reconnaître des différences physiques dans un groupe ethnique particulier et cela est compréhensible ! Seulement je pense que comme pour la plupart des grands champions la génétique aide les kényans à réaliser des performances exceptionnelles en course à pied. En effet des champions comme Phelps avec des bras particulièrement longs, comme Michael Jordan avec sa grande taille, n’auraient jamais pu être les champions qu’ils sont sans ces caractéristiques physiques extraordinaires. Ainsi, je pense que grâce à leurs gènes et à leur culture qui encourage la course, les athlètes kényans sont devenus les meilleurs coureurs que l’on ait jamais connu !

Que pensez-vous de l’origine de ces performances hors normes ? Plutôt culturel ou plutôt génétique ?

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